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Les exportateurs condamnés à améliorer leurs process


Le Maroc devrait se doter de lignes maritimes directes avec les marchés-cibles et développer encore davantage sa chaîne logistique.

Une réelle diversification des marchés des exportations marocaines est-elle pour demain ? La question mérite d'être posée... D'après les professionnels, en effet, changer d'une manière significative la structure actuelle des échanges extérieurs du Maroc, dont l'Europe accapare actuellement 60%, appelle des mesures nettement plus solides que celles entreprises jusqu'à présent. «C'est vrai que nous opérons l'essentiel de nos échanges commerciaux avec les pays européens, notamment la France et l'Espagne, mais le fait est dû à des raisons objectives et de plusieurs ordres», explique Younès Zrikem, président de la Commission du commerce extérieur à la CGEM. Ainsi, explique-t-il, le Maroc est situé à 14 km à peine de l'Europe qui, plus est, dispose du plus grand marché mondial avec plus de cinq cent mille consommateurs au pouvoir d'achat élevé.
C'est vrai que cette région fait face actuellement à une crise qui s'est répercutée sur la demande et la capacité de ces consommateurs à dépenser, concède M. Zrikem. Mais, nuance-t-il, leur pouvoir d'achat reste élevé par rapport à d'autres régions du monde, même dans cette conjoncture.
De plus, ajoute-t-il, le développement des relations économiques entre le Maroc et l'Europe s'est consolidé durant des décennies, se traduisant par un ancrage de la présence des exportateurs marocains sur ce marché via des partenariats anciens.

Ce développement a été accompagné, certes, mais a également donné lieu à un accroissement des connexions, notamment maritimes, et de la chaîne logistique, ce qui permet une grande fluidité des échanges commerciaux entre les deux rives, note le responsable. C'est évidement loin d'être le cas pour les autres marchés-cibles des exportateurs marocains. Il faut garder à l'esprit qu'en l'absence d'une ligne maritime directe avec les États-Unis, une expédition prend trois semaines pour être acheminée sur ce marché, transitant de surcroît par d'autres ports tels que Rotterdam ou Algerisas. De même, les exportateurs ne disposent pas de lignes maritimes directes avec les marchés voisins du Maghreb, du Moyen-Orient et de l'Afrique, au moment où la voie terrestre reste toujours bloquée à cause de la fermeture des frontières entre le Maroc et l'Algérie.
Le tableau n'est toutefois pas si sombre. En effet, des efforts importants sont en train d'être déployés pour permettre aux exportations marocaines de bien se positionner sur les marchés africains. Ce qui ne manque pas de se répercuter sur le volume des échanges avec ces pays. Cette amélioration a été favorisée par le développement de ce que les professionnels appellent les «relais».

Il s'agit de la présence sur ces marchés des banques et des assureurs marocains qui donnent à l'exportateur «la garantie d'être payé». Cet effort est censé être appliqué aux autres marchés, d'après M. Zrikem, qui appelle les pouvoirs publics à encourager la mise en place de lignes maritimes directes, par le biais de subventions.
Ces mesures sont d'autant plus urgentes que le commerce extérieur du Royaume continue d'être dépendant des marchés européens. Ainsi, à fin novembre 2011, l'Europe a participé pour 59% dans le total des échanges commerciaux du Maroc, suivie de l'Asie avec 21%, de l'Amérique avec 13,5%), de l'Afrique à hauteur 6,1% et enfin de l'Océanie pour 0,4 %.
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QUESTION À: Nabil Boubrahimi•
universitaire et spécialiste du commerce international

Quelques recettes bien utiles

• Que peut-on faire donc pour réduire le déficit commercial du Maroc ?
La réduction du déficit commercial du Maroc passe par trois types de mesures : l'amélioration de l'offre exportable aussi bien au niveau de sa production que de sa promotion et son marketing, la régulation efficace des importations et des mesures transversales. Ainsi, est-il nécessaire de mettre de l'ordre dans les différentes stratégies sectorielles pour leur assurer une certaine efficacité et cohérence.
L'objectif ultime est, en effet, d'améliorer l'offre exportable et de booster l'appareil de production. De même, il convient de poursuivre des actions agressives de promotion sur les marchés et continuer à déployer des mesures ciblées vis-à-vis des grands donneurs d'ordre.
Il est également indispensable de renforcer le système normatif marocain en vue de gérer efficacement les flux d'importations dans un contexte marqué par la disparition des barrières tarifaires au profit de barrières non tarifaires.
Pour les mesures transversales, il s'agit de fluidifier la chaîne logistique par des projets structurants, de poursuivre le chantier de la simplification des procédures, de mettre en place une veille informationnelle sur le couple produit/marché, ainsi que d'améliorer les pratiques de travail et les normes de l'environnement dans les entreprises exportatrices.
Par Lahcen Oudoud | LE MATIN

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