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« La logistique urbaine est un sujet neuf, un produit difficile à construire »

La logistique urbaine est le nouveau cheval de bataille de l’agence d’architectes SAGL dirigée par Philippe Gallois. Lauréat, avec Sogaris, de deux espaces logistiques clés à Paris, l’agence planche sur les premiers specimen de logistique urbaine dans la Capitale. Entretien avec Philippe Gallois, président fondateur de l’agence SAGL…
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Philippe Gallois, président fondateur de l'agence SAGL.

Business Immo Logistique:Vous êtes perçus comme un spécialiste de la logistique urbaine. Quel est votre track-record et quels sont vos projets en la matière ?
Philippe Gallois :Notre cabinet a toujours cherché à se démarquer des autres architectes. Il y a 5-6 ans, nous nous sommes positionnés sur le créneau du développement durable. Puis il y a environ 1 an, nous nous sommes spécialisés sur la logistique urbaine. SAGL a été retenu par RFF, avec Sogaris, pour développer une halle logistique de 36 000 m² sur le site Chapelle International. Un projet de longue haleine qui s’échelonnera sur une période de 3 à 5 ans et qui implique une révision du PLU. Nous avons également été choisis par Sogaris, pour penser l’espace logistique urbain (3 000 m²) du 15e arrondissement, à Beaugrenelle. La logistique urbaine est un sujet neuf, un produit nouveau très compliqué à construire dans la mesure où il n’existe pas de réglementation adéquate pour les surfaces inférieures à 6 000 m². Les premiers specimen feront, à coup sûr, jurisprudence. Il va falloir trouver un nom à ce produit naissant.
BIL:Quelle est votre religion en matière de logistique urbaine ? Mixité ? Densité ? Où avez-vous été cherché votre inspiration ?
PG:: Je crois à la mixité des fonctions tertiaires bureaux/logistiques mais pas à la mixité logistique/logement pour des raisons de nuisances liées notamment au travail de nuit. Je crois également à la densité. Une chose est sûre : la logistique doit changer, se réinventer. On doit, par exemple, intégrer des réflexions sur l’accueil du public car c’est une réalité. Une de nos sources d’inspiration nous vient du Japon où nous avons réalisé, l’été dernier, un voyage d’études. Nous y avons notamment vu des locaux à droite et gauche d’une rue centrale équipés de deux pôles de chargement. Un modèle très novateur qui doit nous inspirer sans dicter notre comportement. Avec les ELU, notre objectif est d’implanter un hub dans chaque arrondissement, desservi par des véhicules propres.
BIL:Vous venez de vous rapprocher d’un autre cabinet d’architectes, Equerre. Quelle est la pertinence d’une telle association ?
PG:SAGL et Equerre unissent leurs compétences pour créer une nouvelle structure : BIGS qui se positionne comme un bureau d’études techniques intégré (études réglementaires, thermiques, de structure…). Depuis l’arrivée de Thierry Murat, en février dernier, SAGL est désormais en capacité de monter des dossiers IPCE et de proposer une offre PC/ICPE cohérente. Cette nouvelle structure est née d’un constat : la mise en service de la procédure d’enregistrement, troisième régime entre la déclaration et l’autorisation, s’est traduite par la réalisation d’une étude obligatoire sur la non ruine en chaîne à produire au moment de la construction. Par le terme non ruine en chaîne, il faut entendre la situation dans laquelle la ruine d’un premier élément de structure entraîne la ruine en chaîne des autres cellules ou une mise en échec des dispositifs séparatifs coupe-feu voire l’effondrement de la structure vers l’extérieur de la cellule concernée. Malgré l’absence de méthodologie imposée par les textes, BIGS a bâti son plan d’études en s’appuyant sur des sources solides (guide Afnor, guide du CSTB, code Flumilog, modélisation de l’incendie normalisé Iso 834). Cette alliance avec l’agence Equerre nous permettra également d’intervenir, à terme, sur du bureau, en neuf ou en réhabilitation. Nous considérons, en effet, que le prochain sujet de l’industrie immobilière sera la réhabilitation du parc existant. SAGL entend construire une vraie compétence sur ce sujet

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