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Green Logistique : qui est prêt à payer ?

Les entreprises aiment communiquer sur le thème du Green Logistique pour montrer qu'elles bougent, innovent, et répondent aux enjeux de développement durable. Mais qu'en est-il réellement de l'engagement des industriels dans la transformation de leur logistique pour la rendre plus Green ? Analyse sur ce sujet de Flavien Lamarque, expert chez Vinci Consulting.
Force est de constater que la tendance générale tire les entreprises vers le développement et des propositions de solutions de Green Logistique. Les clients y sont sensibles, les institutionnels sont moteurs, les écosystèmes s'organisent. Pourtant, nous sommes encore loin de grands changements de paradigme qui révolutionneront les modèles logistiques pour les rendre plus Green.
L'enjeu de la Green Logistique est principalement de réduire les dégagements de CO2 émis par les différents modes de transport utilisés, et moins de construire des entrepôts Green. Agir conjointement sur la diminution des kilomètres parcourus et des facteurs d'émission (dégagement de KgCO2/T.km) par mode de transport est fondamental pour réduire durablement l'empreinte carbone d'un industriel.
Pour tirer profit au maximum de ces leviers, les axes de travail à explorer vont à l'encontre des pratiques logistiques des deux dernières décennies. Il s'agit d'une part de relocaliser les points de sourcing pour réduire les kilomètres parcourus par les produits. D'autre part d'utiliser des moyens de transport limitant l'empreinte carbone (électrique, hybride, multimodal, …). Mais aussi de limiter le flux tendu et recréer des points de stockage.
Il existe deux types d'acteurs, les acteurs BtoC et BtoB, qui ont une approche très différente. Les acteurs BtoC sont innovants en Green Logistique car leurs clients les y obligent. Se positionner sur la Green Logistique est une condition de développement de leur part de marché : mise en œuvre de nouveaux modèles de livraison urbaine, déploiement de nouvelles offres de service,…
Une vraie rupture grâce aux institutionnels
A contrario, une entreprise BtoB qui souhaite avancer dans l'une de ces trois voies devra investir et supporter des coûts d'exploitation plus importants. Ce qui aujourd'hui est impossible. Les actionnaires des groupes industriels, d'autant plus dans un contexte de crise, attendent de la rentabilité à court terme, ce qui est en contradiction avec les orientations Green. Par exemple, une centrale d'achat de la distribution ne va pas demander à ses fournisseurs des livraisons électriques si elles coûtent 20% de plus.
A ce stade, les industriels BtoB n'ont donc pas d'intérêts à y aller massivement, même s'ils communiquent sur ce thème pour valoriser leur image de marque. Ils lancent des initiatives pilotes mais n'enclenchent en rien un virage à 90°, contrairement à ce qui ressort de certaines enquêtes.
L'évolution du prix du gasoil aura une incidence sur le comportement des industriels, mais la vraie rupture se fera grâce aux institutionnels. Ils sont les seuls capables d'inciter la transformation radicale des modèles logistiques par la réglementation.
Plusieurs orientations doivent être envisagées : une taxe carbone, une réglementation plus stricte des livraisons en villes, des incitations sur le transport multimodal, des attributions de marchés publics,…
Ceux qui paieront la Green Logistique n'auront pas le choix. Comme pour les marchés financiers, les acteurs politiques devront travailler de concert au niveau Européen sur une réglementation Green incitative. Une fois cette étape passée, le mouvement des industriels vers le développement d'une Green Logistique sera d'une ampleur insoupçonnée.
Par Flavien Lamarque, Vinci Consulting

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