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Le Transport maritime : en Afrique la concurrence ne s'affaiblit pas

Ce Français de 36 ans a intégré le groupe Portek en 2003.
Ce Français de 36 ans a intégré le groupe Portek en 2003.© Tiphaine Saint-Cricq pour J.A.
Filiale de Portek – récemment racheté par le japonais Mitsui –, Gabon Port Management est chargé de l’entretien et du développement des installations de Libreville et de Port-Gentil, où il multiplie les investissements. Entretien avec Philippe Gery, Directeur général de Gabon Port Management.
JEUNE AFRIQUE : Quel bilan dressez-vous de la présence de Portek au Gabon depuis 2007 ?
PHILIPPE GERY : Plutôt positif. Beaucoup de choses ont été réalisées dans l’entretien et le développement des installations portuaires. Nous avons investi en moyenne 2,5 milliards de F CFA par an [3,8 millions d’euros, NDLR]. Et, depuis le début de l’année, nous accélérons notre programme d’investissement, grâce à notre croissance soutenue depuis fin 2009 et aux nombreux chantiers lancés par le pays. De fait, rien que sur cette année, nous aurons investi près de 6,5 milliards de F CFA, notamment pour l’achat de deux grues portuaires qui seront livrées début 2012 et qui vont nous permettre de gagner en productivité.
En janvier 2010, le Gabon a interdit l’exportation des grumes brutes. Quel impact cela a-t-il eu sur les activités du port ?
Il y a eu bien sûr une baisse de l’activité à l’export. Mais nous l’avons à peine sentie, parce que cette mesure a été compensée par la hausse des exportations conteneurisées, en raison de la transformation sur place des grumes. De plus, la politique des grands travaux, avec les différents projets dans le BTP, a dopé l’importation de matériaux de construction et de machines-outils. Au final, la croissance de l’activité au niveau du port d’Owendo [Libreville] est de l’ordre de 7 % à 10 % en moyenne depuis fin 2009 [le port traite en moyenne 6 millions de tonnes de marchandises par an]. Ce rythme devrait se maintenir, en raison des projets d’industrialisation de la filière bois et des ressources minières.
Le port de Libreville dispose-t-il de la capacité nécessaire pour suivre cette évolution ?
Tout le challenge est d’avoir les infrastructures qui peuvent soutenir cette croissance. Nous envisageons de démarrer, d’ici au début de 2012, la construction d’un quai supplémentaire au port d’Owendo. Celui-ci sera destiné aux conteneurs et doté d’outils de manutention modernes, pour traiter beaucoup plus rapidement les navires. L’idée est de décongestionner la chaîne logistique au niveau du port d’Owendo, pour faire de celui-ci un accélérateur de croissance. C’est un investissement de 35 milliards à 40 milliards de F CFA, qui va s’étaler jusqu’en 2013 et qui sera notamment financé par nos partenaires habituels que sont la Banque mondiale et BGFI Bank.
Comment Portek se positionne-t-il par rapport aux groupes comme Bolloré ?
Nous sommes beaucoup plus petits, notamment en termes de présence en Afrique – Algérie, Gabon et récemment Rwanda. Nous n’avons pas l’intention d’entrer en concurrence directe avec eux. Nous nous positionnons plutôt sur des terminaux portuaires de petite et moyenne tailles.
Le japonais Mitsui vient de racheter la totalité de Portek. Quel impact cela peut-il avoir sur vos activités en Afrique ?
En termes d’organisation et de management, cela ne changera rien. Tous nos projets sont maintenus et vont sans doute être accélérés. L’arrivée de Mitsui nous apporte une plus grande assise financière : le groupe pèse plus de 60 milliards de dollars [45 milliards d’euros] de chiffre d’affaires annuel et est très agressif en termes d’investissements et d’acquisitions. Ensuite, cela apportera au Gabon, qui veut diversifier ses partenaires économiques, une expertise japonaise en matière de logistique.
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Propos recueillis par Stéphane Ballong
 

 

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