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E-logistique : les nouveaux défis

Une étude menée par Xerfi a permis de dégager les grands axes sur lesquels les logisticiens doivent se concentrer, afin de séduire les e-commerçants.
 
L'e-commerce français croît depuis plusieurs années, et de nombreux acteurs du secteur doivent s'adapter afin de répondre aux exigences toujours plus importantes des e-commerçants. Parmi ceux-là, les logisticiens, dont l'activité a parallèlement progressé de manière exponentielle, avec un chiffre d'affaires qui a triplé depuis 6 ans, l'expédition de 315 millions de colis en 2011 pour un marché de la livraison de 2,5 milliards d'euros. Face à cette tendance, Xerfi a mené une étude afin de déterminer précisément quels défis les attendent, afin de ne pas manquer le coche de l'e-commerce. Cette étude prévoit notamment que l'activité des e-logisticiens devrait augmenter de 18 % en 2012, et de 13,5 % en moyenne par an, entre 2012 et 2015.
Tout d'abord, les logisticiens traditionnels doivent d’abord s’adapter au traitement de marchandises unitaires et très variées ainsi qu’à la livraison de petits colis à une multitude de destinataires. Un défi de taille étant donné que traditionnellement, ceux-ci sont plutôt habitués à livrer des commandes massives et homogènes à un nombre restreint de points de vente. Aussi, afin de séduire les e-commerçants, les prestataires logistiques doivent diversifier leurs prestations, en proposant par exemple des services cross canaux ou de revers logistique. Certains logisticiens, comme La Poste, pratiquent même la délégation e-commerce, en prenant en charge la création et la gestion technique du site, le référencement, l’animation marketing et la logistique d’une entreprise sur Internet.
L’autre enjeu de taille est celui du dernier kilomètre, autrement dit la livraison en ville. Il s'agit de la phase la plus coûteuse et la plus complexe du transport. Cela s’explique par les contraintes de temps des livreurs, l’absence des clients à leur domicile ou les difficultés de circulation. Pour contourner les obstacles du dernier kilomètre, les prestataires ont ainsi élaboré des solutions, comme les réseaux de points relais (Kiala par exemple) ou encore les consignes de livraison. Certains transporteurs, comme DHL, profitent de leur expertise du dernier kilomètre pour rentabiliser les coûts qui y sont associés en développant une offre logistique globale.
Le modèle logistique unique n’existe pas
Pour répondre aux spécificités de l'e-commerce, de nombreux modèles logistiques cohabitent. Un click and mortar n’aura, par exemple, pas les mêmes besoins qu’un pure player en termes de mode de livraison ou de système d’information. Mais, bien qu’aucun modèle logistique ne s’impose, on retrouve des facteurs-clés de succès avec pour dénominateur commun la flexibilité et la réactivité.
Face aux exigences des cyberacheteurs, les logisticiens doivent assurer la traçabilité de la commande et proposer plusieurs modes de livraison. Ils doivent pouvoir gérer au plus vite les retours et les réclamations des clients. Enfin, ils doivent avoir un système d’information performant pour synchroniser le traitement des commandes entre les différents maillons et acteurs de la chaîne logistique.
Les vendeurs en ligne n’ont pas tous intérêt à faire appel à des prestataires logistiques pour traiter leurs commandes. Compte tenu de leur expérience et de leur savoir-faire logistique, les pure players, les click and mortar et les véadistes traditionnels n’ont pas forcément besoin de sous-traiter ce service. Une réticence accentuée par le fait que les logisticiens sont souvent spécialistes du B to B, aux besoins bien différents du B to C (commandes plus grosses, livraisons régulières…). Mais les prestataires logistiques ont une carte à jouer avec les petits cybervendeurs qui espèrent une croissance rapide de leur activité et peuvent se concentrer sur leur cœur de métier en externalisant cette fonction.
Un paysage concurrentiel de plus en plus complexe
Avec la transformation de l’offre logistique vers des solutions dédiées à l'e-commerce, les acteurs se repositionnent et de nouveaux concurrents émergent. Les spécialistes de la première heure comme Orium, Crosslog ou L4-Logistics ne sont plus seuls. De nouveaux venus leur ont emboîté le pas, tandis que les logisticiens traditionnels sont finalement montés au créneau. Dès lors, les frontières entre les différents acteurs de la chaîne e-logistique se brouillent, les offres convergent et la concurrence s’intensifie.
La Poste reste toutefois l’incontournable e-logisticien avec 65 % des parts de marché de la livraison de colis d'e-commerce. Sans oublier les pure players de l'e-logistique et les logisticiens généralistes, qui ont déjà les compétences requises pour comprendre et s’accaparer le marché. Quant aux e-commerçants comme Amazon, ils bénéficient de capacités de stockage non utilisées mises à la disposition d’autres commerçants. Enfin, certains petits opérateurs de la livraison, prisés pour la qualité de leurs services, sont de plus en plus sollicités par les logisticiens et les e-commerçants.

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