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Le port de Nantes va se diversifier


Charbon et hydrocarbures constituent encore les deux tiers des volumes du Grand Port maritime de Nantes-Saint-Nazaire (30,6 millions de tonnes en 2011). Mais ce socle d'énergies fossiles s'est érodé avec, notamment, une chute de 21,5 % sur les importations de gaz l'année dernière et le port anticipe déjà sa diversification.
Il va ainsi lancer à Montoir-de-Bretagne la construction de 350 mètres de quais pour atteindre un linéaire de 600 mètres permettant d'accueillir plusieurs grands navires. Ils desserviront début 2015 le terminal à conteneurs, trafic que le port envisage de porter à 500.000 conteneurs équivalents 20 pieds dans dix à quinze ans, contre 175.000 en 2011. Ces quais ouvrent aussi une nouvelle zone d'activités d'une trentaine d'hectares destinée aux énergies marines renouvelables. Alstom y implantera sa production d'alternateurs et de turbines d'éoliennes offshore, mais d'autres industriels se manifestent.

Croissance des trafics rouliers

Une place plus importante sera aussi faite aux trafics rouliers en croissance. L'autoroute de la mer Montoir-Gijón a bien démarré avec 180.000 voitures et poids lourds. Des discussions sont en cours pour en doubler les départs à six par semaine. La logistique automobile est aussi en progression, avec l'installation récente de CAT, pour l'importation de voitures Renault. Ces aménagements représentent un coût de 40 millions d'euros pour les quais et de 20 millions pour les espaces.
Plus en aval, le port veut gagner de la place sur le site du Grand Tourteau ou vasière de Méan, en remblayant un espace de plus de 50 hectares pour y développer également le trafic roulier. Ce projet envisagé pour 2020 est pour l'heure estimé à 100 millions d'euros. A Saint-Nazaire, plusieurs espaces totalisant 12,3 hectares le long des bassins sont identifiés pour établir les bases avancées des opérateurs de l'éolien offshore, qui développeront le champ du banc de Guérande puis celui des Deux Iles, au large de la Vendée. Il faudra au moins 10 millions d'euros pour aménager les lieux.
En amont, dans la Loire, le port envisage aussi de consacrer de 120 à 150 hectares du site du Carnet pour des activités industrielles liées aux énergies marines renouvelables. Ironie de l'histoire, ce site devait, dans les années 1970, accueillir une centrale nucléaire.
EMMANUEL GUIMARD, Les Echos
CORRESPONDANT À NANTES

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